La voyance une nébuleuse non réglementée

Pour le droit français, jusqu'en Medium daumier d 395 kol1994, l'exercice de la voyance était un délit prévu par L’article R.34-7° du code pénal. Cet article punissait d’une contravention de troisième classe « les  gens qui font métier de deviner et pronostiquer, ou d’expliquer les songes ».

Le 1er mars 1994, les législations répressives de 1834 et de 1945 ont été amendées par la suppression de l'article R.34-7. Le législateur qui a dépénalisé l’activité de prédire l’avenir n’a pas pris le risque de réglementer la profession.

Aujourd’hui aucun texte officiel ne définit ce qu’est un voyant ou une consultation de voyance.

Il n’existe aucun organisme officiel qui structure et regroupe entre eux les voyants professionnels. Il n’y a pas de syndicat, d’association ou d’institut officiellement et unanimement reconnu par la profession.

Tout un chacun peut s’autoproclamer voyant et exercer sous différentes formes, sans titre, diplôme ou expérience.

Dans son atelier «  voyance et psychologie du voyant »  la psychologue Carine Lemarchand remarque  «  la pratique de la voyance demeure non organisée  sans syndicat sans organisme tutélaire  de  fait   chaque voyant réinvente la roue de son côté lorsqu’il apprend son métier  sans nourrir le collectif  qui pourrait faciliter l’encadrement des nouveaux professionnels   éviter les compréhensions incomplètes  du phénomène de voyance  les croyances qui s’y associent  et diffuser l’information au grand public »

Combien y a-t-il de voyants en France ?

Selon plusieurs sources  croisées dont l’INSEE,  le RSI  et la direction de la consommation générale de la consommation et de la concurrence, il existerait plus de 100 000 professionnels des arts divinatoires.

Ce  chiffre est à prendre avec beaucoup de précaution  car aucune source officielle ne peut l’établir clairement

Il en est de même  pour le chiffre d’affaires généré par cette activité  qui a été évalué  en mars 2000,   à 23 milliards de francs soit 3,2 milliards d'euros.

Alors que l'estimation livrée par l'INSEE qui remonte à 2008, donne un montant de 70 millions d'euros par an.

Comment expliquer  que nous ne pouvons pas avoir  de chiffres exacts ?

La principale raison  est que la voyance  est une profession non reconnue et de ce fait est répertoriée de manière disparate  lors de l’inscription obligatoire des professionnels au répertoire SIRENE

En effet , en France, l’INSEE  attribue à toute entreprise et à chacun de ses établissements lors de son inscription au répertoire SIRENE , un code NAF.

Ce code caractérise son activité principale par référence à la nomenclature d'activités française (NAF) Le code  est un renseignement essentiel  pour la statistique d'entreprise.

La profession des arts divinatoires n’étant pas référencée comme telle,  les inscriptions  se font sous des codes les plus approchants.

Selon le site  C- radar, c’est dans la classe correspondant aux codes NAF : autres activités de service, que l’on retrouve une grande partie des  professionnels de la voyance : 28%.

21% des entreprises de cet écosystème sont classées  dans  la classe 47 relative aux activités de commerce et commerces spécialisés.

 Puis  vient la classe 63 correspondant à la classe Information et Communication. On retrouve dans cette classe de nombreux prestataires de services qui proposent la création de sites, de contenus et les plates formes de voyance.

Sous quelle  forme exercent les professionnels ?

Beaucoup de professionnels exercent seuls en cabinet ou à leur domicile. Le plus souvent ils consultent en face à face  c’est-à-dire reçoivent  la clientèle.

Avec le développement  d’internet et des nouvelles technologies beaucoup  consultent  également par téléphone ou en Vidéo conférence comme Skype par exemple. Certains  ne reçoivent pas de clientèle et ne font que des consultations par téléphone.

Selon le site C-Radar 84%   possèdent  blogs et  sites internet véritables vitrines de leur activité. Pourcentage à prendre avec précaution pour les raisons citées ci avant.

Depuis une dizaine d’années avec le développement d’internet  des plates formes de voyance  regroupant  pour la plupart  des voyants  indépendants  qui  consultent  par téléphone ont vu le jour .

Certains  exercent cette profession de manière exclusive et d’autres  en complément  d’une profession connexe comme gérer une boutique ésotérique par exemple.

 Pour exercer de manière légale   le voyant à de multiples solutions

 Il peut s’installer en tant  qu’auto entrepreneur, travailleur indépendant, exercer en société ou bien en portage salarial.

Si la majorité des voyants exerce sous  l’appellation de voyants  médiums cartomanciens … d’autres par crainte des jugements de leur entourage envers une profession qui souffre  de clichés   négatifs ,exercent sous des appellations diverses et variées comme coach intuitif,  thérapeute intérieur, énergéticien.

Enfin beaucoup de voyants exercent sans être déclarés préférant des revenus « au noir » à la prise de risque qu’est le lancement d’une telle activité.