Les théories sur la voyance

Fotolia 51722843 s 1Reprenons tout d’abord ce que nous entendons par voyance : la capacité d’avoir accès à des informations   dans le temps et dans l’espace en dehors de nos cinq sens.

Depuis le XIXème siècle des scientifiques étudient   ces phénomènes notamment Joseph B. Rhine (1) qui a mis au point dans les années 1930 des méthodes expérimentales strictes pour les mettre en évidence.

Rhine a rassemblé ces phénomènes de voyance   sous le nom d'ESP (Extra sensory perception) :

- la télépathie, communication de pensées directe entre personnes.

- la clairvoyance, acquisition d'informations sur un objet, lieu, personne ou événement

- la précognition, connaissance d'événements futurs.

Professeur à l'Université Duke, à Durham en Caroline du Nord, Rhine a notamment effectué de 1930 à 1934 des centaines de tests de clairvoyance sur des étudiants.

Les comptes rendus de ces expériences furent publiés en 1934 dans une monographie : Extra Sensory Perception. 

Depuis, des milliers d’expériences ont été menées dans divers laboratoires avec un taux de réussite qui exclue le hasard. Ces résultats ont été publiés dans des ouvrages et revues spécialisés.

Dean Radin (2) Docteur en psychologie, ingénieur en informatique et directeur du Consciousness Research Laboratory de l’université du Nevada, s’est attaché à réunir les preuves de la perception extra sensorielle dans un livre publié en 2006 « la conscience invisible »  

Il y présente les analyses de toutes les expériences en parapsychologie menées depuis cinquante ans. Selon Dean Radin : les phénomènes psi sont bien réels, même si on n’explique pas encore leur fonctionnement (ASPR, Journal of Parapsychology ...)

Si l’existence de ces phénomènes est prouvée, il n’en demeure pas moins qu’à ce jour, on ne propose aucune théorie explicative pour les intégrer dans notre système actuel de connaissances scientifiques.

Par ailleurs, que ce soit la télépathie, la clairvoyance ou la précognition, ces phénomènes ne sont pas reproductibles et ne s'obtiennent pas à volonté.

C’est essentiellement pour cette raison que la plupart des scientifiques considère la parapsychologie qui est l’étude de ces phénomènes comme vaine illusoire et la relègue au rang d’une pseudo science.

La voyance dérange et force est de constater qu’elle est sujette à d’intenses polémiques autant de ses détracteurs que de ses partisans donnant naissance à une littérature abondante qui bien souvent reste manichéenne.

Interrogation sur les origines de la voyance

Au-delà de ces querelles, la voyance reste un phénomène humain que nous constatons dans toutes les cultures

Cette constance mérite   une interrogation sérieuse sans apriori.

En effet si un voyant peut obtenir des informations comme si le temps et l’espace étaient gommés   ces informations semblent de ce fait être situées dans une autre réalité. Alors de quelle réalité s’agit-il ? pourquoi ou comment le voyant y a-t-il accès ?

Autant d’interrogations qui nous confrontent à la nature même du monde dans lequel nous évoluons.

 

  • La voyance une capacité psychique qui appartient à tous

Aujourd’hui il est communément admis que la voyance est une capacité latente qui peut comme toute capacité humaine se développer par des exercices et enseignements pour acquérir notamment :

Une sérénité intérieure indispensable à mieux percevoir.

Une meilleure intuition délivrée des scories de sa propre histoire, des déductions et des analyses   induites par   la communication non verbale entre le consultant et le voyant.

Des enseignements et écoles ont vu le jour comme ceux de Maud Kristen ou Clevao d’Alexis Tournier.

De nombreux élèves indiquent avoir amélioré certes à des stades différents leur capacité intuitive

 

  • La voyance la théorie des scopèmes

 Concernant les origines de cette capacité, peu d'hypothèses théoriques ont été avancées.

Citons  parmi elles la théorie des "scopèmes" de la psychanalyste Elisabeth Laborde-Nottale .

Le bébé réagit souvent aux vécus maternels, même à distance. Les pédiatres savent d’ailleurs à quel point les maladies du nourrisson et de l’enfant sont l’expression d’un malaise dans la relation aux parents, ou à d’autres proches.

Selon Elisabeth Laborde-Nottale (Auteure de La Voyance et l’Inconscient, Seuil, 1990), il y aurait un parallèle entre cette capacité d’échange émotionnel entre une mère et son nourrisson et l’échange intersubjectif existant dans la consultation de voyance

Le voyant régresserait je cite « à ce stade archaïque de la petite enfance où, faute de pouvoir parler, nous produisons des images intérieures, des idéogrammes (les scopèmes) qui nous servent à nous représenter et à deviner les émotions de notre mère »  

Cette aptitude à la communication extrasensorielle disparaît généralement lorsque nous accédons au langage et devenons capables d’établir des contacts grâce aux mots. Les voyants, eux, la conserveraient.

« La perception des scopèmes, tout à fait inconsciente, commencerait dès le début de la vie de l’être humain (déjà dans l’utérus), mais deviendrait de moins en moins utile au cours de la maturation du bébé. Elle se poursuivrait par la suite, naturellement et toujours de façon inconsciente, mais prendrait moins d’importance au fur et à mesure que le bébé accèderait à une autonomie et à des capacités d’autoprotection. En effet, une des fonctions essentielles de ce système semble être la protection du petit humain encore immature et en danger permanent. A partir du moment où l’enfant peut se représenter par lui-même les dangers, il n’a plus besoin de la « prothèse » de la pensée maternelle. »

Cette théorie aussi séduisante soit elle ne peut pas s’appliquer aux voyances qui concernent des éléments qui n’appartiennent pas à l’histoire du consultant … comme l’histoire d’un objet d’un lieu inconnu du consultant ou de l’avenir. En effet si le voyant va chercher des informations peut-être dans l’inconscient du consultant quand il s’agit du passé et du présent, comment arrive-t-il à donner des informations sur le futur c’est-à-dire sur un temps encore inexistant ?

Certains disent que le futur du consultant peut être influencé par les prédictions du voyant, cette hypothèse est complètement battue en brèche pour des voyances sur lesquelles le consultant ne peut pas intervenir comme le décès d’un proche par exemple, la théorie montre ainsi toutes ses limites ….

 

Théories et limites

Notre culture occidentale fonctionne avec une pensée catégorielle fondée sur une distinction nette entre passé, présent et futur, la causalité de l’avant et de l’après, la séparation du sujet et de l’objet...

Le voyant bouleverse les bases de notre pensée car il perçoit au-delà du temps et de l’espace et rentre en symbiose émotionnel avec le consultant, en mettant en œuvre un mode de communication sensoriel et non verbal.

Les cultures orientales non seulement   reconnaissent la voyance mais encore tentent de lui donner une explication qui pourrait se résumer de la manière suivante :

Tout est vibration :  personnes, lieux, pensées, actions, intentions s’inscrivent durablement dans l’univers l’influencent et le modifient.

Cet univers serait une sorte de bibliothèque accessible.

Pour les lecteurs qui sont familiarisés avec les cultures énergétiques, les chakras qui constituent l’ossature énergétique de chaque être humain permettent la faculté de voyance de s’exprimer.

Matière, esprit et si tout était énergie dans une matrice unique originelle ?

 Mystères insondables qui nous obligent à garder humilité et à chasser tout dogmatisme et position tranchée ….

 

1) Joseph Banks Rhine (1895 - 1980) est l'un des premiers scientifiques à avoir utilisé des méthodes statistiques pour étudier les perceptions extra-sensorielles et la psychokinèse. Il était professeur à l'Université Duke, à Durham en Caroline du Nord, où la plupart de ses recherches ont été effectuées dans le domaine de la parapsychologie ; il est l'inventeur du terme ESP (Extra sensory) Bien que très peu de scientifiques acceptent les thèses de Rhine comme étant démontrées, il a néanmoins œuvré pour que la parapsychologie devienne un domaine d'étude reconnu.

PRINCIPAUX OUVRAGES DE J.B. RHINE

- Extrasensory Perception, Boston, Humphries, 1934.

- The Reach of tbe Mind, New York, William Sloane, 1947.

Traduit en français et préfacé par René SUDRE sous le titre "La double puissance de l'esprit", Paris, Payot, 1953.

- New World of the Mind, New York, William Sloane, 1953.

Traduit en français et préfacé par Albert COLNAT sous le titre "Le nouveau monde de l'esprit", Paris, Adrien Maisonneuve, 1955.

- Parapsychology, Frontier Science of tbe Mind (en collaboration avec J. G. PRATT), Springfield, C. Thomas, 1957,

- Extrasensory Perception after sixty years (en collaboration), New York, Holt, 1940.

- Parapsychology to day (en collaboration), New York, Citadel, 1968.

2) Dean Radin,

Docteur en psychologie et ingénieur, est considéré comme l’un des meilleurs spécialistes mondiaux dans le domaine de la parapsychologie expérimentale, tant en milieu universitaire que dans l’industrie. Il dirige le « Consciousness Research Laboratory » de l’université du Nevada. Il a également travaillé de nombreuses années à l’université de Princeton, d’Edimbourg et au Stanford Research International (SRI), où il a mené un programme étudiant les phénomènes psychiques pour le compte du gouvernement américain. Il est aussi auteur et co-auteur de plus de 200 articles, rapports et livres en lien avec la parapsychologie.